TRANSFORMATION

La tendance Green IT touche les RH

DePascal Pezard
12 avril 2021
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Faire de la crise une opportunité RH pour accompagner une transition durable.

Les entreprises connaissent une période de grandes transformations, car elles doivent s’adapter à la fois aux transitions numériques et écologiques. La modernisation de leurs activités passe par une digitalisation à grande vitesse pour faire face aux nouveaux business models des plateformes numériques de type Amazon. La crise de la Covid-19 et le confinement ont pointé du doigt les fragilités des entreprises qui ne s’étaient pas suffisamment déployées sur le Web pour continuer leur activité en ces temps de crise.

Un tournant inéluctable, mais qui n’est pas sans risque majeur pour l’environnement. Le numérique représente en effet déjà 4% des émissions carbone. Le double challenge pour les entreprises va être de pouvoir assurer leur transition numérique, tout en effectuant les arbitrages nécessaires dans le déploiement des outils digitaux, afin d’accompagner également leur transition énergétique. Or il n’existe pas à l’heure actuelle de consensus sur les normes à mettre à place, ni sur les technologies à privilégier…

Un rapport intitulé ‘Lean ICT – Pour une sobriété numérique’ a été publié en 2018 par le think tank ‘The Shift Project’  fondé par Jean-Marc Jancovici. Il a pour mission d’apporter « des éléments factuels et quantitatifs qui permettront d’effectuer les arbitrages nécessaires à la réussite de la transition. » Un second rapport, intitulé ‘Climat : L’insoutenable usage de la vidéo en ligne’, a été publié en juillet 2019, dans lequel les protagonistes de la sobriété numérique prônent un numérique résilient et apportent des pistes de réflexions. Un dernier rapport a vu le jour en octobre 2020 et s’intitule ‘Déployer la sobriété numérique’. Dans ce troisième volet, le think tank propose « des cadres méthodologiques opérationnels. » Il fait des recommandations pratiques et systémiques en phase avec les objectifs de décarbonation. Il a également mis au point un ‘Plan de Transformation de l’Economie Française’ (PTEF) afin d’assurer la résilience des secteurs d’activités.

 

Des choix technologiques stratégiques pour les RH

Outil et paradoxalement défi pour la transition carbone, le numérique offre cependant des opportunités réelles. Les entreprises doivent mener des réflexions approfondies autour de leurs usages et les directions des ressources humaines doivent les y accompagner. L’ingénierie de l’innovation RH, qui tend à développer de nombreux outils digitaux pour recruter, former ou mieux gérer les compétences, les transitions professionnelles et les mobilités, ne doit pas occulter les conditions de déploiement des technologies numériques et leur impact environnemental.

Aujourd’hui, la croissance des systèmes numériques est déjà insoutenable puisqu’elle atteint +9% d’énergie consommée par an. L’ ‘économie de l’attention’ demande de plus en plus de contenus consommés, donc  de terminaux et d’infrastructures !

 

Un pilotage ‘environnemental’ des systèmes d’information RH

Les RH doivent donc piloter les choix technologiques en prenant en compte les impératifs de décarbonation. Avec le développement du télétravail et des technologies connectées, on va de plus en plus vers un monde digitalisé et les RH vont devoir mettre en place un pilotage environnemental de leur système d’information.

Le télétravail a amplifié le recours au streaming et aux différents outils en ligne, de façon souvent disproportionnée. Beaucoup de directions ont d’ailleurs demandé par exemple de couper les vidéos lors des réunions à distance, afin de diminuer les consommations d’énergie.

Il faut savoir également que les requêtes en ligne passent par plusieurs serveurs intermédiaires et que cela multiplie d’autant l’empreinte carbone numérique ! De même, les mails groupés avec plusieurs personnes en copie, avec souvent des pièces-jointes attachées, sont extrêmement énergivores. Les applications doivent également être bien pensées et conçues pour améliorer la productivité RH ou les services rendus aux clients internes que sont les collaborateurs, mais en évitant toute ‘gadgetisation’. Pour une fois, l’intérêt des systèmes d’information en termes de simplicité, de performance ou de robustesse, converge avec celui de la planète.

Nous entrons dans une phase de maturité digitale RH et désormais les équipes doivent ‘prendre la main’ et surveiller l’impact  des usages numériques des collaborateurs, du partage d’informations et des interactions sur les plateformes, ainsi que de la publication des différents contenus pour enrichir les apprentissages en ligne. L’évaluation de la pertinence environnementale doit aujourd’hui être systématique préconise le think tank. Le ‘Planet Tech’Care’ mis en place par le Conseil National du Numérique (CNNum) peut également être très inspirant dans ces nouvelles pratiques. Sopra Steria Group est ainsi engagé dans cette démarche depuis quatre ans avec un objectif de zéro émissions carbone d’ici 2028.

Aujourd’hui les DRH doivent s’inspirer de ces rapports pour trouver des cas d’usage et des scenarii. Il va falloir inventer de nouvelles metrics, par exemple sur la consommation énergétique d’un système d’information dans le Cloud et sur les plateformes tierces de consommation de services, afin de sensibiliser les collaborateurs sur toutes les questions relatives à la transition numérique.

Il revient aux DRH de faire de la pédagogie et de l’accompagnement sur les usages, même s’il n’existe encore à l’heure actuelle aucune norme et aucune transparence sur l’impact des usages numériques d’une entreprise sur l’environnement. Ces questions autour de la sobriété numérique et l’impact environnemental sur l’écosystème de l’entreprise entrent véritablement et urgemment dans le champ RSE de la RH.

Pascal Pezard
Sopra HR Lab
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